Question

Je dois traiter une carie sur une molaire. Mon dentiste m'a proposé deux options : une résine composite posée directement au cabinet, ou un inlay en résine fabriqué en laboratoire à partir d'une empreinte puis collé. Je me demande laquelle des deux se fracture le moins avec le temps.

Réponse courte

Le choix le plus durable dépend de la forme et de l'épaisseur de la dent restante, de la force masticatoire et de la qualité du collage possible. L'inlay en résine est d'abord durci en dehors de la bouche, ce qui permet de réduire la rétraction qui se produit lorsque la résine durcit en bouche. Cet avantage seul ne suffit toutefois pas à déterminer laquelle des deux options se fracture le moins à long terme. Il faut aussi examiner dans quelle mesure la dent peut être préservée et si une partie affaiblie doit être recouverte pour être protégée.

Pourquoi ?

Une même résine, deux méthodes de fabrication différentes

Le fait de combler directement l'espace laissé après le retrait d'une carie dentaire et de la durcir à la lumière constitue une restauration directe en résine composite. On peut la déposer progressivement selon la zone à traiter, et le durcissement comme le collage se déroulent directement dans la dent.

L'inlay en résine est une restauration fabriquée en dehors de la dent, à la forme de la cavité, puis collée. Il existe aussi des inlays en or ou en céramique, mais ici la comparaison porte sur l'inlay en résine. Comme sa forme est façonnée à l'extérieur, il est plus facile d'ajuster précisément le point de contact avec la dent voisine et la forme de la face occlusale.

Comment gérer la rétraction qui se produit lors du durcissement de la résine ?

En durcissant, la résine perd un peu de volume. Comme elle est déjà collée aux parois de la dent au moment où elle se rétracte, cela génère une force qui tire sur la zone de collage : c'est ce qu'on appelle la contrainte de rétraction de polymérisation. Si cette force sollicite trop la zone collée, elle peut entraîner un hiatus marginal ou une sensibilité après la restauration.

Pour la résine directe, on limite cette contrainte en plaçant le matériau par petites couches successives et en adaptant la photopolymérisation. La contrainte générée pendant le durcissement varie aussi selon que la cavité est profonde et entourée de parois, ou largement ouverte. Plutôt que de juger la qualité du traitement au seul nombre de couches, il est important d'adapter la méthode à la fois au matériau et à la forme de la cavité.

Pour l'inlay en résine, c'est la restauration elle-même qui est d'abord durcie à l'extérieur de la dent. Lors du collage, la rétraction se produit surtout dans la fine couche de ciment résine adhésif, ce qui permet de réduire la contrainte de rétraction transmise à la dent par rapport à la méthode directe. C'est un avantage lié au mode de fabrication, mais cela ne supprime pas pour autant la force exercée lors de la mastication.

La solidité de la dent restante compte aussi

Si l'espace à traiter est petit et que les parois dentaires environnantes sont suffisamment préservées, une restauration directe en résine permet de conserver la dent. Si la perte est importante, ou s'il est difficile de recréer directement le point de contact avec la dent voisine, une restauration indirecte peut être envisagée. Là encore, la décision ne repose pas sur la seule taille de la cavité : il faut aussi tenir compte de l'épaisseur des parois restantes, des surfaces disponibles pour le collage et de l'endroit où s'exerce la force masticatoire.

Si la cuspide - le relief pointu de la dent - est elle aussi affaiblie, combler l'espace vide et protéger la cuspide affaiblie en la recouvrant sont deux questions distinctes. La restauration indirecte qui recouvre la cuspide est appelée onlay. Pour une perte de substance importante, il est donc utile de demander non seulement le nom du matériau, mais aussi jusqu'où la restauration recouvre la dent.

Lorsque la force masticatoire se concentre fortement en un point, la résine directe comme l'inlay en résine demandent une attention particulière quant à la forme de la restauration et au choix du matériau. Il faut à la fois choisir un matériau à faible rétraction et concevoir une restauration capable de résister à des forces masticatoires répétées.

L'inlay implique aussi un collage et un retrait de tissu supplémentaire

Pour insérer un inlay en résine, il faut préparer l'espace à l'intérieur de la dent et assurer une épaisseur suffisante pour que le matériau résiste, ce qui peut nécessiter de retirer davantage de tissu dentaire qu'avec une résine directe. La qualité du collage entre l'inlay terminé et la dent est également importante : la surface de l'inlay déjà durci doit être traitée puis collée correctement, et la gestion de l'humidité en bouche pendant le collage influence le résultat.

En définitive, pour choisir l'option la plus résistante, il faut examiner à la fois la restauration et la dent restante. Vérifier successivement si la résine directe permet de suffisamment préserver la dent, si une restauration indirecte est nécessaire pour recréer la forme, et si une cuspide affaiblie doit être recouverte, permet de comparer plus facilement les deux méthodes.